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Tribunes du PSG : c’était quoi le problème ?

Arthur était abonné au Parc des Princes avant le fameux plan Leproux, rendu public le 18 mai 2010. Il a vu Grenoble, Le Mans, Auxerre et Guingamp venir s’imposer dans « son » stade, mais le problème n’était malheureusement pas que sportif. Il raconte de l’intérieur l’atmosphère des années 2000 et cette histoire du PSG que les Qataris veulent oublier.

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Arthur a été un abonné « lamba » comme il tient à le préciser, celui qui va au stade tous les 15 jours, qui chante, mais qui n’est pas « carté » dans une association de supporters. Il se rend pendant 6 ans au Parc des Princes, 5 ans à la tribune Auteuil, 1 an chez les Authentiks , l’abonnement lui revenant à 125-145 € par an (225 € pour les Authentiks). En guise de comparaison, il lui en coûterait aujourd’hui  au moins 900 €

Le Kop of Boulogne voit le jour en 1978 au moment où les dirigeants du PSG voulaient remplir un Parc des Princes plutôt triste qui venait surtout voir jouer les adversaires. Il prend le nom de  Boulogne Boyz en 1985 et développe petit-à-petit des idées d’extrême droite. Les histoires débutent lorsque, dans les années 2000, le virage opposé, Auteuil, mené par les Tigris Mystic (créés en 1993), commence à prendre pas mal d’importance. Cette tribune, composée de jeunes de toutes origines, encaisse les attaques racistes de leur-dits collègues supporters de Boulogne. Les premières divergences apparaissent à partir de 2003, date des 10 ans d’anniversaire des Tigris Mystic.

Cela commence par des bagarres lors des déplacements puis s’intensifie le jour de la finale de la coupe de France 2006 opposant Paris à … Marseille, le soit-disant rival historique. Mais ce jour-ci,  l’OM n’est pas au coeur du débat, loin s’en faut. La parole à Arthur : « Les Boulogne Boyz et leurs interdits de stade avaient, depuis un petit moment, mis des « contrats sur la tête » des membres créateurs des Tigris Mystic. Avec deux amis, nous en rejoignons d’autres, membres des Tigris, au jardin du Luxembourg, d’où nous sommes escortés du RER B jusqu’au Stade de France. Notre maître-mot, c’est « pas de provocation ».

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On chantait, chantait, chantait… On arrive devant le Stade de France, sans souci, encandrés par les CRS, chacun sort sa place jusqu’au moment où une horde de 40-50 personnes se dresse en face de nous. On les reconnaît assez vite, la moitié est torse-nu, bières en verre à la main, ils arrachent les téléphones des cabines, leurs ceintures, les CRS s’écartent, ils ne sont qu’une vingtaine…

On se replie comme on peut, contre les barrières du stade et ils commencent à charger. Les plus courageux, pas « armés », se mettent en première ligne et ça bagarre pendant 30 secondes-1 minute. Heureusement, la sécurité du stade ouvre la grande porte d’entrée du stade et on a pu se réfugier à l’intérieur. Mais bon, tu vois se battre un père de famille de 40 ans, le t-shirt déchiré laissant apparaître ses croix gammés… Des gars de chez nous ont été à l’hôpital… Tout est parti de là. Depuis ce jour, les membres fondateurs des Tigris Mystic ont dû vivre cachés et ne venaient plus aux matchs. Ils ont décidé de la dissolution de l’association. Mais, côte tribune Auteuil, des jeunes ont commencé à se radicaliser.

Et, vu que les pouvoirs ne faisaient rien… Pourtant, ils  savaient qui faisait quoi, ils connaissaient les fauteurs de troubles… Puis, le fait que le chef de la sécurité (Jean-Philippe d’Hallivillée) soit un ancien du kop de Boulogne n’a rien fait pour arranger la situation.

PSGTelAviv

Crédit Photo : MetroNews

Le 23 novembre 2006, ça dégénère : un supporter du Julien Quemener, des Boulogne Boyz, est tué par un policier après avoir coursé un supporter de l’Hapoel Tel-Aviv. S’ensuivent des bagarres régulières jusqu’au PSG-OM de 2010. Deux ou trois heures avant la rencontre, les Boulogne Boyz et les interdits de stade font le tour du Parc des Princes par la droite afin de se retrouver devant la tribune Auteuil, comme ils le faisaient de temps en temps. Ils nous chargent mais cette fois-ci Auteuil avait demandé des renforts et n’était pas apeurés par la situation. Ils devaient être deux fois plus nombreux. Je ne sais pas où étaient les CRS pour ce soit-disant match le plus important de la saison. Les Boulogne Boys, surpris, s’enfuient en courant. Malheureusement l’un d’eux est piégé et battu à mort.

Suite à ce drame, le plan Leproux voit le jour (suppression des abonnements en tribunes Auteuil et Boulogne, placement aléatoire,…) et a pour but de casser ce phénomènes de groupe. Tout ceci aurait pu être évité, selon moi, si les pouvoirs publics avaient pris des décisions plus tôt. C’était une affaire de 200-300 personnes à mettre dehors. Mais, en France, on attend toujours qu’un drame arrive pour se bouger.

Aujourd’hui, le PSG est un club de spectateurs à défaut de supporters. Il fallait prendre une décision et Robin Leproux a eu beaucoup de courage mais le Parc a perdu de sa passion. Nous étions 99.9% à supporter le club et le reste venait dans le but de se battre. En 6 ans, je n’ai jamais vu un gars d’Auteuil qui venait pour se bagarrer.

 

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